La tapisserie d'Inger Helen
Nous recevions récemment la tapisserie d'Inger Hélène pour le nouveau monastère. En nous remettant cette œ uvre réalisée quand elle avait 19 ans, alors qu'elle en a maintenant plus de 80, c'est une part d'elle-même, de sa vie, qu'Inger Helen nous remet pour le nouveau monastère. Cette parabole en acte est comme la remise d'un talent précieux : la construction d'un nouveau monastère vaut la peine de donner ce que l'on a de meilleur.
Qui est Inger Hélène? A 13 ans, elle fuit avec les siens le Finnmark, la région la plus au nord de la Norvège, qui touche la Russie. Les Allemands, craignant une invasion des Russes, brû lent tout. C'est donc dans des conditions d'extrême dénuement qu'Inger Hélène arrive à Levanger. Elle se mariera avec Johannes Munkeby. Ils habitent près des ruines de l'ancien monastère qui fait partie de leur environnement. Avec toute leur famille, ils sont naturellement proches des ''nouveaux moines'', et très généreux envers eux. L'un et l'autre expriment leur attachement discrètement à travers quelques mots qui leur échappent: ''J'espère bien ne pas partir avant d'avoir vu le nouveau monastère''.
Après la remise d'une pierre de l'ancien monastère en août dernier, qui nous fait héritiers des anciens moines, la tapisserie d'Inger Hélène est un autre signe fort d'un passage de relais.
Le Maî tre qui nous appelle à être les serviteurs d'une telle mission, nous dit à travers ceux qui nous font confiance en donnant ce qu'ils ont de plus beau, que lui-même nous fait confiance pour réaliser son œuvre à lui. Ce n'est pas une question de compétences, de capacités, d'autres seraient sans doute meilleurs que nous pour le faire, non, c'est une question de foi!
C'est bien ces gestes concrets qui nous confirment et nous réconfortent quand nous ne voyons pas toujours où nous allons. Ils nous empêchent de douter et de perdre patience.
Merci à Inger Hélène pour le message qu'elle nous transmet: l'œuvre de la jeunesse trouve sa destination au soir de la vie. Nous ne sommes pas maî tres de son fruit, mais il nous faut y travailler sans relâche, comme des serviteurs inutiles.
